Au Comité du cœur, une équipe à l’unisson
Écoute, démarches, mise en réseau : au Comité du cœur, c’est toute une équipe, pilotée par Angela Alves, déléguée générale, qui accompagne chaque jour les auteurs-autrices et compositeurs-compositrices de la Sacem lorsque la vie joue une fausse note, y compris dans les situations les plus complexes. Portrait d’un travail collectif qui fait battre le cœur de notre association.
Derrière chaque aide accordée par le Comité du cœur, il y a des voix au téléphone, des dossiers lus avec attention, des rendez-vous, des « et si on regardait aussi du côté de la retraite ? ». Il y a surtout une équipe, pilotée par Angela Alves, déléguée générale de l’association, qui accompagne les sociétaires, auteurs-autrices et compositeurs-compositrices de la Sacem, dans les moments où tout se complique.
Une équipe à l’écoute dès le premier appel
Tout commence souvent par un appel au Comité du cœur, de la part de la personne concernée, de ses proches, ou encore d’un confrère ou d’une consœur qui voit sa détresse. Les membres de l’équipe reçoivent ces premières demandes, les écoutent, les analysent et les accompagnent. Lorsqu’une situation devient plus complexe (avec l’accord de la personne concernée, la confidentialité étant une règle absolue), l’assistante de service social du Comité du cœur prend le relais. Une situation « complexe », ce sont souvent des difficultés financières qui s’installent dans la durée, une détresse psychologique qui affleure, une problématique de santé qui s’aggrave…
Toutes les demandes d’aide financière exceptionnelle sont présentées de façon anonymisée devant la Commission Chevalier (composée de membres du Conseil d’administration de l’association), qui se réunit une fois par mois pour les étudier.
Au pilotage, Angela Alves
À la tête de cette équipe, il y a Angela Alves, déléguée générale du Comité du cœur. Aux côtés de la présidente, Arlette Tabart, elle met en œuvre la politique décidée par le Conseil d’administration et coordonne l’ensemble des actions sociales de l’association. Elle pilote le travail mené par le Comité du cœur sur ses fonds propres mais aussi en partenariat avec différentes structures du secteur culturel. Cela peut consister à mettre en place un relais auprès des organismes de retraite, de l’assurance maladie ou de structures proposant des aides sociales.
Sous son regard attentif, l’équipe analyse chaque situation et organise un soutien plus spécifique quand c’est nécessaire, comme la recherche d’une place en Ehpad, le suivi d’une hospitalisation, tous ces sujets qui demandent du temps et de l’expertise.
Une aide financière, mais pas seulement
Car, au Comité du cœur, l’aide ne s’arrête pas à un chèque. L’équipe commence par dresser un bilan de la situation financière et administrative du sociétaire, et il arrive qu’une aide ponctuelle ne soit pas la bonne réponse. Cela peut être un sociétaire qui n’a pas liquidé ses droits à la retraite : l’équipe l’accompagne alors dans ses démarches auprès des caisses. Cela peut être un minimum vieillesse non demandé, un RSA dont on ignorait l’existence, ou encore des dettes auprès de certains organismes comme l’Urssaf pour lesquelles l’équipe peut aider à mettre en place des échéanciers.
L’équipe intervient alors pour faire valoir ces droits. « L’idée, c’est d’analyser chaque situation dans sa globalité, et pas seulement de proposer une aide financière ponctuelle », explique Angela Alves. « Nous voulons que nos sociétaires puissent ensuite devenir autonomes. »
Reconstruire un réseau
En témoigne cet exemple dont se souvient l’assistante de service social qui intervient dans l’équipe. Le fils d’un sociétaire avait contacté le Comité du cœur, très inquiet pour son père : celui-ci vivait seul, en perte d’autonomie importante, et la situation semblait s’enliser. L’équipe a alors pris contact avec le fils, puis la curatrice tout juste nommée, afin de pouvoir solliciter le dispositif social de son lieu d’habitation ainsi que la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). ll s’agissait de mobiliser tous les professionnels de proximité pour mettre en place les aides humaines dont ce monsieur avait besoin.
Aujourd’hui, alors que rien ne le garantissait, ce sociétaire vit toujours chez lui, entouré d’intervenants spécialisés et de sa curatrice. Sa situation est stabilisée et un réseau s’est reconstruit autour d’une personne qui, seule, n’aurait sans doute pas eu la force de « pousser les portes » : rappeler, relancer, écrire des mails, un travail de fourmi que l’épuisement rend souvent impossible.
C’est aussi pour cette raison que le Comité du cœur développe aujourd’hui un maillage de partenaires (juristes, associations, institutions, etc.) pour gagner en réactivité et ne plus perdre de temps à chercher, dans l’urgence, le bon interlocuteur.
Quand l’écoute suffit
Mais toutes les histoires ne se résolvent pas par des dispositifs. L’assistante de service social se souvient d’un auteur-compositeur, en baisse d’activité, devenu l’aidant principal de ses deux parents en fin de vie. Épuisé, financièrement fragilisé par son dévouement, il avait déjà tout entrepris, pour ses proches comme pour lui-même, avant de solliciter une aide. « Je ne sais pas quoi faire d’autre », lui avait-il confié, une phrase qui l’a profondément touchée.
Le Comité du cœur lui a accordé une aide financière. Mais ce qui a le plus marqué notre assistante de service social, c’est la rencontre humaine : leur premier échange téléphonique a eu lieu le jour même où cet homme perdait son père. « On n’est pas psychologue, mais on l’est un peu quand même », résume-t-elle. « Parfois, on n’est pas obligé d’être dans l’action, mais juste dans l’écoute. Notre présence peut faire la différence. Et c’est pour ça que je fais ce travail. »
C’est peut-être ce qui explique pourquoi les sociétaires se tournent d’abord vers le Comité du cœur plutôt que vers les services sociaux de secteur : le sentiment d’appartenir à une famille, d’être entendus par des personnes qui connaissent intimement les réalités du métier d’artiste. Cette réactivité et cette sensibilité, c’est toute l’équipe, de la déléguée générale à l’assistante de service social, qui les cultive au quotidien : c’est la marque de fabrique de l’association.
Le Comité du cœur ne peut exister que grâce à la solidarité de celles et ceux qui le soutiennent. Association reconnue d’utilité publique depuis 1953, elle vit des cotisations de près de 1 500 sociétaires et des dons de particuliers, d’auteurs-autrices, de compositeurs-compositrices, d’éditeurs-éditrices et d’entreprises sensibles à sa cause. Chaque adhésion, chaque don (déductible des impôts) permet à toute l’équipe de continuer à tendre la main aux artistes en difficulté.
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