On donne, on reçoit, on partage : la musique en trois temps du Comité du cœur
On donne un peu de ses droits d’auteur, on reçoit un soutien quand la vie se fait rude, on partage de beaux moments ensemble. En somme, on veille les uns sur les autres pour que la chaîne ne se rompe jamais. Depuis 1951, le Comité du cœur, association d’entraide créée par et pour les membres de la Sacem, repose sur ces trois gestes simples.
Derrière le Comité du cœur, il y a bien plus qu’une association à laquelle s’adresser les jours difficiles : il y a une relation de confiance entre créateurs et créatrices, des visages, des attentions discrètes. Pour l’évoquer, nous avons choisi de laisser la parole à la communauté qui forme le Comité.
On donne : une main tendue qui vient des créateurs eux-mêmes
Tout a commencé en 1951. Une quinzaine de créateurs, réunis autour de l’auteur Albert Willemetz, décident de s’organiser pour venir en aide à leurs pairs en difficulté. Reconnue d’utilité publique en 1953, l’association devient le Comité du cœur.
Aujourd’hui, le Comité regroupe près de 1 500 membres de la Sacem qui consacrent un petit pourcentage de leurs droits d’auteur à cette chaine de solidarité. Des dons et des legs viennent qui participent à cet élan d’entraide. Certains ont même donné naissance à des prix qui rendent hommage à leurs auteurs. Ici, on ne donne pas à une cause lointaine : on donne à des collègues, à des confrères et consœurs, à des artistes dont la vie ressemble à la sienne. Comme le résume Claude Lemesle, auteur et vice-président de l’association, « nos carrières tiennent plus du labyrinthe que de l’autoroute ».
On reçoit : l’évidence d’une aide qui arrive quand on en a le plus besoin
Ce que donnent les uns, l’association le redistribue chaque année sous forme d’aides ponctuelles à des créateurs et créatrices qui vivent de leurs droits d’auteurs mais qui traversent de graves difficultés. Près de 200 personnes sont ainsi accompagnées chaque année. Leurs demandes sont étudiées avec soin, souvent dans l’urgence, par la commission Chevalier, avec toute l’énergie, la rigueur et l’humanité que réclame sa mission.
Richard Dubugnon, compositeur et membre du Comité du cœur, lauréat 2026 du prix Louis Ganne (catégorie Musique instrumentale), qui a connu cela de l’intérieur, en témoigne. Sociétaire définitif, il vivait presque exclusivement de ses droits d’auteur et de son activité de compositeur quand la crise du Covid a bouleversé son quotidien, avec des commandes et des concerts annulés. Lui qui avait toujours été « plutôt celui qui aide les gens » s’est retrouvé de l’autre côté. « C’est difficile d’accepter quand on demande de l’aide », confie-t-il. Il a pourtant osé pousser la porte, encouragé par une personne de son entourage professionnel.
La réponse l’a marqué par sa simplicité : tout est allé très vite, sans hésitation, l’aide s’est imposée comme une évidence. « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas », sourit-il. Surtout, il a senti autre chose qu’une procédure : « On sentait que ce n’était pas juste un organe caritatif, il y a vraiment un sentiment de famille. »
On partage : une chaîne de solidarité qui perdure
Cette famille, Richard Dubugnon l’a retrouvée quelques années plus tard, sous une autre forme. En 2026, le prix Louis Ganne lui a, en effet, été remis par le Comité du cœur. Cette fois, il n’avait rien demandé : c’est une reconnaissance de son travail et de son engagement, qui ne s’oublie pas.
Ce que Richard Dubugnon retient c’est surtout cette communauté que forme le Comité du cœur. Et l’attention que les uns ont pour les autres. C’est par exemple le cas pour ce sociétaire discret et actuellement malade que Richard connaît bien : des membres de l’association du Comité du cœur prennent régulièrement de ses nouvelles. « Je trouve ça merveilleux », s’émeut-il. À ses yeux, ce sont ces petits gestes qui font la chaleur du Comité du cœur.
Alors, que retenir de tout cela ? « Tout ce qu’on donne, on le reçoit », résume le compositeur. Il faut avoir conscience de la chance de disposer d’une telle solidarité, en être reconnaissant et « savoir la chérir ». Comme le résume Arlette Tabart, présidente de l’association, « le vrai visage de la musique, c’est le partage ».
Rejoignez la chaîne !
« Le Comité du cœur, c’est avant tout une véritable communauté d’entraide : entre nos sociétaires, nos administrateurs bénévoles et notre équipe, nous unissons nos forces, confirme Angela Alves, la déléguée générale de l’association. Notre rôle ne se limite pas à apporter un soutien financier ponctuel, mais à faire vivre un réseau de solidarité humaine pour accompagner chaque membre. » Que vous ayez besoin d’un coup de pouce, que vous vouliez simplement en offrir un, le Comité du cœur est fait pour vous. En adhérant, vous rejoignez une communauté de près de 1 500 membres qui avancent à l’unisson, et vous faites en sorte que la solidarité continue de faire vibrer les cœurs.
Pour adhérer, rendez-vous sur https://comiteducoeur.org/comment-adherer/




